Ce sont deux drôles de « tours » qui ont pris place dans le Parc Stagni. Surplombant des maisonnettes en bois, ces installations sont occupées par des locataires pas tout à fait comme les autres : des abeilles.
Depuis le mois de janvier, la ville de Chêne-Bougeries a lancé un projet ambitieux en installant des ruches urbaines. Le but de lopération : faire cohabiter deux types de populations souvent considérées comme incompatibles, ceci dans une démarche de préservation de la biodiversité, tout en proposant une approche pédagogique visant à montrer que les hommes et les abeilles peuvent parfaitement vivre ensemble en milieu urbain.
A la différence des ruches traditionnelles, ces installations appelées Bee-Pass possèdent une architecture différente, permettant de sintégrer facilement dans des espaces publics. Grâce à une « cheminée » de près de trois mètres, les abeilles entrent, mais surtout sortent de leur habitation sans jamais déranger les passants autour.
Encore plus proches
Depuis quelques années, la notion de ruches urbaines na cessé de gagner en popularité et nombreuses sont les ruches à avoir été installées sur les toits de certains bâtiments en ville. "Mais sur les toits, les gens ne les voient pas, glisse Pascal Crétard. Grâce aux Bee-Pass on rend visible les abeilles, on les vulgarise aux yeux du public. Celles-ci sont ainsi démystifiées et on revalorise leur rôle dans notre société en changeant les comportements. Car noublions pas que ces insectes pollinisent 60% à 70% des aliments que nous consommons
".
Afin daugmenter encore cette visibilité, les ruches sont équipées de quatre fenêtres dobservation, permettant aux passants de sapprocher de la structure pour observer lintérieur. Il faudra toutefois attendre la présence de lapiculteur pour découvrir lintérieur de la ruche puisque, en son absence, les fenêtres sont protégées par des volets cadenassés.
A terme, la commune souhaite organiser des visites en compagnie de lapiculteur, notamment pour les écoles.
Procédé innovant
Outre laspect pédagogique, Chêne-Bougeries a décidé de miser sur un système nouveau. En effet, la Suisse ne compte pour lheure quune seule autre de ces ruches pédagogiques en dehors de celles du Parc Stagni. Il sagit dune infrastructure innovante et prometteuse qui émane dune personne responsable et compétente, Pascal Crétard. Celui-ci connaît parfaitement bien les enjeux et le fonctionnement des abeilles, en tant que président et moniteur responsable de la Société genevoise dapiculture.
Si les conseils et lexpérience de lapiculteur se sont avérés précieux pour la commune durant la phase dinitiation du projet, la collaboration de ce dernier ne sarrêtera pas là pour autant. Il sera en effet en charge de lentretien des ruches tout au long de lannée tout en pouvant compter sur laide de Thierry Anchise, collaborateur du service communal des Parcs et Promenades, passionné par le monde des abeilles. Un travail qui sannonce conséquent : linstallation de ces dernières se fera à la fin du mois davril, puis débutera une période dactivité intense qui nécessitera la présence de lapiculteur tous les sept jours environ, afin de contrôler les installations. En pleine saison (juin et juillet), ce seront quelque 50 000 à 70 000 abeilles qui se trouveront alors dans la ruche.
Une première récolte de miel sera possible à la fin du mois de juin, une seconde à la fin juillet. Pour un total de 15 kg de miel environ. Celui-ci pourrait ensuite être distribué dans la commune.
Quant à la suite du projet, elle dépendra de la manière dont les habitants de Chêne-Bougeries accueilleront la présence des ces nouveaux arrivants au Parc Stagni.
Des abeilles pour nouvelles voisines
Ce sont deux drôles de « tours » qui ont pris place dans le Parc Stagni. Surplombant des maisonnettes en bois, ces installations sont occupées par des locataires pas tout […]
Publié le 14 avril 2017
